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bizarrerie

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Sans desir

Publié par Caramba sur 12 Juin 2007, 17:57pm

Catégories : #caramba

Nous l'avons tous appris par coeur... C'est mon premier emoi poetique...Je devais être en primaire, Ce2 ou CM1... et il m'apparaissait d'une longueur abominable à apprendre... j'etais déjà feigne....

J'aime la chute, elle est comme je les aime annoncées certaine mais brutale finalement. 

Pourtant de Rimbaud ce n'est pas le poete que je retiens c'est le voyageur infatigable. Les fameuses semelles au vent et ce goût de l'aventure qui l'amènera souvent au limite de la perdition....

Et pour le fameux voyage, je vous offre le Du bellay, classique de chez classique non... c'est après le dormeur et c'est la seconde. Par ailleurs ce n'est que pour faire le pendant

 

Le Dormeur du val.

C'est un trou de verdure, où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D'argent; où le soleil, de la montagne fière,
Luit: c'est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort; il est étendu dans l'herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert ou la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme:
Nature, berce-le chaudement: il a froid.

Les parfums ne font pas frissonner sa narine.
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Et la suite...

Le mal

Tandis que les crachats rouges de la mitraille
Sifflent tout le jour par l'infini du ciel bleu,
Qu'écarlates ou verts, près du Roi qui les raille
Croulent les bataillons en masse dans le feu

Tandis qu'une folie épouvantable broie
Et fait de cent milliers d'hommes un tas fumant;
- Pauvres morts ! dans l'été, dans l'herbe, dans ta joie,
Nature ! 0 toi qui fis ces hommes saintement !...

- Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées1
Des autels, à l'encens, aux grands calices d'or
Qui dans le bercement des hosannah s'endort,

Et se réveille, quand des mères ramassées
Dans l'angoisse, et pleurant sous leur vieux bonnet noir,
Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir !

 Joachim

Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?

Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :

Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la doulceur angevine

 

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