Hier soir, j’ai eu une crise de fou rire dans le cinéma Comme à chaque fois, avant que le film commence, le spectateur est abreuvé de publicité sur le cinéma, sur les bonbons et sur la pizzeria trémolo du coin. (Je passerai rapidement sur la prestation de Zoé Félix, décrétée star montante du cinéma qui m’a mis en maxillaire dès le départ.)
Non, là ou j’ai failli mourir sur mon fauteuil, c’est lors de la publicité sur la Fondation Q… Ouais la fondation Q un peu comme la fondation Danone, qui vous rééquilibre de l’intérieur.
Alors je vous résume le spot, un arbre type généalogique, qui exprime tout les bienfaits de cette chaîne de restauration rapide sur l’alimentation, sur l’emploi, sur l’intergénérationnel, sur la citoyenneté… sur son rôle social , bref sur tout.
Cette chaîne de restauration rapide était montrée comme exemplaire, non ses frites elles ne sont pas salées et donc grâce à Q en mangeant dans leurs restos vous préservez votre santé , oui les étudiants ils peuvent suivre leurs études grâce à Q, Les salariés de Q sont heureux et peuvent grâce à Q s’élever dans l’échelle sociale.
Le monde merveilleux de Q, on oublie les plans galères, les interrogations sur la malbouffe, sur l’exploitation des employés, sur le fait que les étudiants qui travaillent mettent plus de temps à acquérir leurs diplômes. Non avec Q, tout va bien, que dis-je tout va mieux.
C’etait énoooooooorme, c’était du bonheur à déguster à la petite cuillère… Je ne sais pas quelle agence de communication a pondu cela… mais je n’étais pas la seule à ricaner dans la salle… Bizarre, Bizarre, cette impression de foutage de gueule…
Ouais mais voilà les consommateurs désormais ils veulent de l’éthique, c’est la nouvelle valeur à la mode qui peut permettre de vendre gros. L’acheteur, il veut qu’on lui parle de vert, de bio, de développement durable, de bonheur, d’harmonie, il veut être responsable…Alors qu’est ce qu’on fait, on habille une marque de toutes ces valeurs qui lui permet de vendre. Il faut oublier toute subtilité, le produit de consommation est un style de vie, et si le produit ne crée pas un mode de vie, il faut s’adapter aux aspirations du client et donc adopter un style.
Le client il veut du bio, on va mettre un arbre, il veut de la prise de conscience, on va lui parler de social, il veut du lien là ou il y’en a plus on va foutre des vieux, des français de toute origine et des jeunes sur des branches… C’est suffisamment signifiant, non ?
Le consommateur demande que l’entreprise et son produit soient certifiées citoyens… Lui, il ne possède qu’une carte de crédit, une conscience, et une citoyenneté lui seront débitées.
L’entreprise, la toute puissante achète non plus des valeurs boursières mais des valeurs morales. Elle mise, elle rafle, désormais, i l y a l’économie financière et l’économie réelle, demain cette différenciation se fera sur les valeurs d’éthique et de morale.
On est prêt.
Combien pour l’honnêteté ? Combien pour la justice ? Combien pour la solidarité ?
Dites, Allez annoncer un chiffre…
A quand une fondation des marchands d’armes pour la paix dans le monde et les burgers ?