Fait chier, trois jours, déjà, d'angoisse, à l'idée de la reprise, je suis presque à m'inventer des maux imaginaires, un peu comme avant un cours de gym lorsque j'étais scolarisée.
Fait chier il fait beau, je ne peux pas lire dans le jardin, soit je crame et je suis éblouie, soit je me caille à l'ombre.
C'est la fin du break, une envie pressante de partir, une envie pressante de s'enfuir de continuer à échapper de la réalité du quotidien.
Je pense déjà à une ligne de fuite et si je partais m'installer à Hong Kong, j'habiterai dans un minuscule appartement au dessus de millions de gens, je donnerai des cours de français ou de néant. Je ferai partie des milliers d'exilés occidentaux en fugue majeure. Cela pourrait créer le mythe, ainsi je reviendrai dans dix ans en ayant tout perdu après avoir été maquerelle dans un bordel de Macao, avec le risque incessant d'être expulsé ou bien après avoir fait fortune dans les confitures et les crêpes bretonnes.
Créer le mythe être un con plus tôt qu'un pauvre type, être une pute plus tôt qu'une délaissée, être maitre de son detestin plutôt qu'en laisse.
Fait chier il fait beau, je vais retourner à mon lit de soleil et à mes trois chats continuer le pavé de Mrs Susanna et me dire que j'hesite entre les iles lofoten, le Pays de Galles ou les asturies pour mes prochaines vacances solo.